Cépages – Juillet 2014

Entretien avec Jean-Luc Girard

Jean-Luc Girard is a local musician and composer who has worked on a vast range of musical genres, from pop to rock, from jazz to contemporary music. He started as a guitarist, trained in musicology and taught music as the Beaune “conservatoire”. He has recently adapted Andersen’s story “The Nightingale” for a symphonic orchestra and soprano, premiered in Dijon.

Comment êtes-vous entré en musique ?
Très tard ! J’ai flirté avec cet univers jusqu’à l’âge de vingt ans. Alors, j’ai joué un peu de guitare, seul, ou avec de petits groupes. Puis, j’ai suivi
des cours du soir à Chalon pour des classes d’écriture. En parallèle, j’ai fait un peu de musicologie. nMais ayant eu le bonheur de travailler
avec des professeurs exceptionnels, dont Camille Roy, Dan Lustgarten, sans oublier Raphie Ourgandjian, je me suis tourné définitivement vers l’écriture, la composition.

Pour quelle suite ?
Grâce à ces maîtres, j’ai pu monter mes premières compositions et
les faire jouer ! Le ton était donné. Mon premier grand souvenir, une
commande de l’Etat pour un quintette de cuivres… L’impression d’avoir touché le ciel.

Ceci dit, tout n’a pas dû être aussi simple.
En effet, vivre de sa musique n’est pas évident. J’ai commencé par
faire nombre d’arrangements tout en courant les cachets en tant que
guitariste. Une vraie vie de bohême et puis, un beau jour, on me propose
une place de professeur de formation musicale au conservatoire de Beaune… Une belle façon de reprendre mon souffle et de transmettre ma passion.

La fin d’un cycle et le commencement d’une autre histoire.
Oui, je réponds à des commandes, tout en me donnant aussi la liberté
de créer. Par exemple, je viens de réaliser une adaptation du conte
d’Andersen « le Rossignol et l’Empereur de Chine ». J’en ai fait un
conte musical pour orchestre symphonique avec une soprano récitante.
La première vient d’être donnée à Dijon, et il va y avoir d’autres
dates en Bourgogne … D’autre part, j’ai la joie de composer pour la
Compagnie Déviation, son directeur a la particularité de construire
lui-même ses instruments de musique pour donner des spectacles en
plein air.

Que leur avez-vous écrit ?
Une oeuvre hors normes, à partir du poème de Victor Hugo « Lux ».
Cela va s’appeler « le souffle du grand fauve » …

Un titre qui donne des ailes à l’imagination.
Oui, d’autant qu’il y a des percussions avec des tambours géants, des
tuyaux d’orgue, un choeur mixte, une soprano et en prime, des sons
préenregistrés. Avec toute la fête autour et au final, un fin d’artifice,
il n’est pas interdit d’espérer !

Mais dehors cette aventure particulière, avez-vous des thèmes favoris?
Non, j’aime bien vagabonder. J’ai commencé par la pop, puis le bigband
de jazz avant d’aborder la musique contemporaine. Je me vois assez bien dans la lignée d’un Frank Zappa.

Vous aimeriez aller où ?
Là où la musique voudra bien me porter… Naturellement, j’aimerais
enregistrer un jour avec un grand orchestre. Je pense que mon conte
peut intéresser le grand public. Après tout, les enfants sont les rois
du monde.

Avez-vous un regret ?
Que la musique contemporaine ne soit pas assez mise en lumière,
idem pour le jazz. C’est étonnant, et à vrai dire assez dramatique mais
aujourd’hui force est de constater, que les médias ne prennent plus
aucun risque. A quand un nouveau Grand Echiquier ?

Votre dernière note ?
Je vais la donner avec mon groupe de Rock, Humpty Dumpty et le big
band de Chalon Bourgogne plus des choristes. Ensemble, nous allons
réinterpréter plusieurs titres des années dites psychédéliques. On va
retrouver quelques titres cultes de Chicago, Arthur Brown, mais aussi, des Beach Boys, ainsi que des Animals… En parallèle, il devrait y avoir une grande exposition d’affiches qui racontent cette époque.

To be continued…
Oui, car la vie est musique.