Revue d’Art – Mars 1988

Lecture d’une émotion

pb_017J’avais souhaité cette rencontre avec Jean Luc Girard depuis de nombreuses années, car l’audition de son premier quatuor à cordes créé en 1976 au festival “Jeune Musique” de Chalon sur Saône, avait provoqué, chez moi, une très vive émotion. Il m’avait été impossible, à l’époque, d’en déterminer la signification, pourtant le souvenir en restait très précis et cet évenement, qui avait pris la forme de l’énigme, devait par la suite être à l’origine d’une réponse. Cette musique m’avait en fait révélé un lien de subjectivité pure qui est celui-là même où s’inscrit l’acte créateur dans son absolue nécessité.
Comprendre l’œuvre c’est d’abord l’admettre, et l’admettre c’est rendre la réalité de ce qu’elle énonce ; et c’est peut-être là le but ultime de toute œuvre d’art que d’énoncer la vie dans ce qu’elle a de non représenté. Dans l’œuvre de Jean-Luc Girard c’est la force de l’expression qui nous semble déterminante car c’est elle qui fut à l’origine de l’émotion, dont j’ai voulu ici faire une brève lecture. (…)
Serge Pavan